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2 L’ INQUISITION DE LA FOI. foudres fatidiques. À ce que je suppose, vous voulez parler de l’anathème. Aule. Précisément. Barbat. J’ai bien entendu d’horribles coups de tonnerre ; je n’ai pas senti le coup de foudre. Aule. Comment cela ? Barbat. Parce que je ne digère pas plus mal et que je dors aussi tranquillement. Aule. Mais le mal que l’on ne sent pas est ordinairement le plus dangereux. D'ailleurs ces foudres aveugles, comme vous les nommez, frappent les monts et les mers. Barbat. Oui, mais leurs coups sont impuissants. Le verre et les vases de cuivre jettent aussi des éclairs. Aule. Et des éclairs qui épouvantent. Barbat. Qui, les enfants. Dieu seul possède la foudre qui frappe l’âme. Aule. Dieu n’est-il pas dans son vicaire? Barbat. Plût au Ciel qu’il y fût! Aule. Beaucoup de gens même s’étonnent que vous ne soyez pas depuis longtemps plus noir qu’un charbon. Barbat. Supposons que je le sois. Pourtant, si l’on suit la doctrine de l'Évangile, on n’en doit souhaiter que plus vivement le salut de celui qui est perdu. Aule. On doit souhaiterson salut, mais non le saluer. Barbat. Pourquoi cela ? Aule. Afin que celui qui est frappé de la foudre rougisse et se repente. Barbat. Si Dieu avait agi de la sorte avec nous, nous aurions tous péri.