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180 ÉLOGE DE LA FOLIE. J’assistai l’autre jour à une thèse de théologie, comme cela m'arrive souvent. Quelqu'uñ demanda quel était donc le décret des saintes Écritures qui ordonnait de punir les hérétiques par le feu, au lieu de les convaincre par la discussion. Un vieillard à la mine sévère, et dont la morgue annonçait bien un théologien, répondit avec véhémence que l'apôtre saint Paul avait dicté cette loi en disant : Évitez (devita) l'hérétique après un ou deux avertissements. Il répéta plusieurs fois ces paroles d’une voix tonnante, au point qu’on se demandait s'il n'avait pas perdu la tête, et finit par expliquer que l’hérétique devait être retranché du nombre des vivants (de vita). Quelques-uns se mirent à rire; d’autres trouvèrent cette invention tout à fait théologique; mais, comme plusieurs se récriaient, survint un avocat de T'énédos, comme l’on dit, un docteur irréfragable. « Écoutezmoi, dit-il, il est écrit : Ne laissez pas vivre le malfaisant. Or tout hérétique est malfaisant : donc, etc.» Tous les assistants furent frappés du génie de cet homme, et son raisonnement obtint les suffrages de ces rustres. Il ne vint à l'esprit de personne que cette loi regardait les sorciers, les enchanteurs et les magiciens, que les Hébreux désignent sous le nom de mal faisants. Sans quoi la fornication et l’ivresse entrai