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XX LETTRE APOLOGETIQUE théologiens éclairés sont-ils souvent obligés de tenir devant le public un langage qui contraste avec leurs sentiments et leurs entretiens intimes, et ne savent-ils que répondre quelquefois à ceux qui les consultent, en reconnaissant que le Christ enseigne telle chose et que les traditions humaines prescrivent telle autre. Je le demande, quel rapport y a-t-il entre le Christ et Aristote, entre les subtilités des sophistes et les mystères de la sagesse éternelle? A quoi bon les labyrinthes de tant de questions? Dans le nombre, combien ny en a-t-il pas d'oiseuses, et combien d’autres sont dangereuses, ne fût-ce qu'à cause des disputes et des divisions qwelles engendrent. — Mais, direz-vous, il est des points qu’il faut éclaircir, il en est qu’il faut résoudre. — D'accord. Mais aussi il y en a beaucoup qu'il vaut mieux négliger que rechercher. La science consiste à ignorer certaines choses; il est souvent plus sage de douter que de décider. Si cependant il fallait décider, je voudrais qu’on le fit d'une facon respectueuse et non arrogante, en s'appuyant sur les livres divins, et non sur les raisonnements imaginaires des hommes. Aujourd'hui on ne tarit pas de petites questions où éclatent les dissensions des sectes et des partis ; tous les jours on voit naître de nouveaux décrets. Bref, on en est arrivé au point que l’ensemble de la doctrine dépend moins des préceptes du Christ que des définitions de la scholastique et de l'autorité des évêques, quels qu'ils soient. Aussi tout a été tellement défiguré qu’il ny a plus d'espoir de ramener le monde au véritable christianisme. Les hommes les plus pieux et les plus savants reconnaissent avec douleur cette vérité et Si