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XVIII LETTRE APOLOGETIQ UE mis des belles-lettres. Encore ne m'ont-ils jamais demandé d'explications. Fort de l'opinion unanime des bons, je me soucie peu de ce qu’ils disent tout bas contre un absent. Si je ne craignais, mon cher Dorpius, qu'on ne vît dans mon langage plus dorgueil que de sincérité, je pourrais vous citer une foule de théologiens célèbres par la sainteté de leur vie, distingués par leur savoir, éminents par leurs dignités, et même dans le nombre quelques évêques, qui ne m'ont jamais témoigné autant d'affection que depuis la publication de la Folie, et auxquels ce livre plaît plus qu'à moiméme. Je produirais ici leurs noms et leurs titres si je ne craignais que ces trois théologiens ne se déchai= nassent contre tous ces grands personnages a cause de la Folie. Il y en a un du moins que je soupçonne d'être parmi vous l’auteur de cette tracasserie, car j'en suis à peu près réduit à des conjectures. Si je voulais le dépeindre avec les couleurs qui lui sont propres, personne ne s'étonnerait que la Folie déplit a un pareil sire. Certes elle ne me plairait guère si elle ne déplaisait à de telles gens; quoi qu'elle ne me plaise pas, elle me déplaît moins par cela seul qu’elle ne plaît pas à de pareils esprits. Je fais plus de cas de l'opinion des théologiens sages et éclairés, qui, bien loin de m'accuser de causticité, louent ma modération et ma candeur pour avoir traité sans hardiesse un sujet hardi par lui-même et avoir badiné sans coups de dent. En effet, pour ne répondre qu'aux théologiens, puisque ce sont les seuls qui paraissent offensés, qui ne sait tous les propos que l’on débite communément contre les mœurs des mauvais théologiens? La Folie ne touche à