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D ERASME A DORPIUS. XIII insultes manifestes. L’empereur Vespasien ne punit pas celui qui lui reprochait d'avoir la mine d'un homme qui va à la selle, Quels sont donc ces gens à l'oreille st délicaie qui ne souffrent méme pas que la Folie plaisante sur la vie des hommes en général, sans flétrir un seul nom? Jamais la comédie antique n'aurait été sifflée si elle se füt abstenue de désigner par leurs noms les hommes illustres. Cependant, excellent Dorpius, vous m'écrivez presque comme si le livre de la Folie m'avait aliéné tout l'ordre théologique. « Quelle nécessité, dites-vous, d'attaquer si vivement l’ordre des théologiens? » Puis vous plaignez mon sort. « Autrefois, ajoutez-vous, tout le monde lisait vos ouvrages avec un vif empressement, on mourait d'envie de vous voir; aujourd'hui, la Folie, comme Dave, gate tout. » Je sais que vous écrivez toujours sans arrière-pensée, et je muserai pas de détours avec vous. En vérité, pensez-vous qu'on attaque l'ordre théologique en blámant les théologiens insensés ou méchants, et par conséquent indignes de ce nom? À ce compte, quiconque blémera les scélérats aura pour ennemi tout le genre humain. Quel est le roi assez impudent pour ne pas reconnaître qu'il y a de mauvais rois, indignes de cet honneur? Quel est l'évêque assez osé pour n'en pas dire autant de son ordre? L’ordre des théologiens, parmi tous ses membres, ne compte-t-il aucun sot, aucun ignorant, aucun querelleur, et ne nous offre-t-il que des Paul, des Basile et des Jérôme? Non, il s'en Jaut, car plus une profession est relevée, moins elle a de sujets qui J y répondent. On trouve plus de bons pilotes que de