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XII LETTRE APOLOGETIQUE tout le monde, à moins d’étre assez stupide pour ne rien sentir au charme des lettres. Certes, ceux qui soffensent d'un livre où personne n'est nommé ressemblent, à mon avis, à ces femmelettes qui, entendant attaquer les femmes de mauvaise vie, se fâchent comme si ce blâme s'appliquait à toutes, et qui ensuite, lorsqu’on loue les femmes honnêtes, s'applaudissent comme si le mérite de deux ou trois concernait le sexe entier. Une pareille ineptie est indigne d'un homme, à plus forte raison d'un homme instruit, mais surtout d'un théologien. Si je rencontre là un vice dont je suis innocent, loin de men offenser, je me féliciterai d'être exempt d'un mal dont je vois que beaucoup d'autres sont atteints. Si au contraire on touche a quelque ulcère et que je me reconnaisse comme dans un miroir, il n'y a pas de quoi m'offenser. Si je suis prudent, je dissimulerai mon imdression et n'irai pas me trahir moi-même ; si je suis hohnéte, je me tiendrai pour averti et ferai en sorte qu’on ne puisse pas désormais m'appliquer directement en face ce reproche que je vois énoncé indirectement. Pourquoi ne pas accorder au moins à ce livre ce que les ignorants même admettent dans les comédies publiques ? Que de sarcasmes n'y lance-t-on pas en toute liberté contre les monarques, contre les prétres, contre les moines, contre les femmes, contre les maris, que sais-je encore? Et pourtant, parce que personne west attaqué nommément, tout le monde rit et chacun avoue ingénument sa faiblesse ou la dissimule prudemment. Les tyrans les plus farouches supportent. leurs bouffons et leurs fous qui les blessent quelquefois par des