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ÉRASME. 63 lettres qui ne se flattent pas entre eux? mais qui savaient aussi se dire la vérité, et qui, après tout, n’avaient guère à se complimenter réciproquement que pour de courageux travaux, vrais travaux d'Hercule, qui ont nettoyé le chemin pour les belles époques de l'art moderne. C'était Guillaume Budé, espèce de Caton littéraire très-redouté, tonnant contre les mœurs de son siècle, ‘ouillait le système monéen méme temps qu'il dél imentait les Pandectes; taire des a s, et qu'il co homme austère, à la paupière contractée , au visage souffrant et ironique, comme nous le représente une gravure d’après Holbein, le portraitiste de tous ces hommes célèbres, et l'ami de plusieurs, ayant tout autour de l'œil gauche des cicatrices đe petite vérole qui lui donnent l’air dur, et la bouche légèrement détournée par des habitudes maladives; écrivain amer, aigre-doux, esprit difficile, mais prodigieux savant, dont toutes les lettres 4 Erasme sont mi-parties de grec et de latin, deux langues qu’il écrivait au courant de la plume, et avec une singuliére énergie; qui itime se disait le mari de deux femmes, sa femme lég @abord, et la philologie; qui eut trop d’amour-propre et trop d’ambition du premier rang pour être l'ami de cœur d'Érasme, mais qui fut trop honnête homme pour en être l’ennemi. C’était Thomas Morus, caractère charmant, homme plein de grace, que nous ne nous figurons guère que sous les traits de lintraitable censeur du mariage d'Henri VII avec Anne de Bouleyn, mais qui était enjoué, souriant, de maniéres aimables; avenant, ai