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ÉRASME. 553 qu’on exagérerait en le traduisant par pusillanime ; car c'est quelque chose de moins et de mieux 1. Ces moments de courage d’Erasme ne sont peut-étre pas sa moindre gloire, si l’on songe que les moines de cette époque ne s’abstenaient guère que du mal qu’ils ne pouvaient pas faire ; qu'on parlait de prélats empoisonnés pour avoir attaqué un de leurs ordres „de malheureux enterrés tout viſs dans la crypte souter ie d’un couvent, pour ensevelir le secret de quelques scandales intérieurs ; que sais-je? de vertueux prêtres étouffés pour avoir voulu faire entrer la réforme et les bonnes mœurs dans les cloîtres, rumeurs res dont Erasme po: se faisait l'organe, au risque onnelle ? de sa sûreté pe s Les moines étaient hommes de plaisirs, et s'y livraient avec scandale, allant porter dans la même maison la confession et l’adultère, ou cachant dans les murs de leurs couvents des débauches qui auraient épouvanté la ville, Érasme, quoiqu'il eût été souillé dans sa jeunesse par les voluptés, comme il le dit avec l'exagération de l'humilité chrétienne ne s'y était jamais oublié ; ni sa frêle santé, ni ses travaux ne se seraient accommodés d’une vie voluptueuse, et s'il est vrai qu’il n’avait pas toujours été maître de ses passions, il n’en avait jamais été l’esclave. Les moines étaient de grossiers convives, vivant pour leur ventre et non pour le Christ, salissant leurs festins somptueux "Lettre à Colet. 40. D. E. * Colloques. Exequic ser aphica * Leltre à Servatius.