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ÉRASME. 51 due de toutes sortes de poissons; l’autre versera cent þoisseaux de psaumes; celui-ci comptera ses mille jeûnes, interrompus par des repas où ila manqué de rompre son ventre ; celui-là présentera un tas de cérémonies, de quoi remplir sept vaisseaux de charge. Un quatrième se vantera de ses soixante années passées sans avoir touché d'argent, si ce n’est avec ses doigts protégés par un double gant, pour être fidèle à la lettre de son institution; un autre étalera son sale capuchon, si usé et si gras, qu'un matelot dédaignerait de s’en couvrir; un autre, les onze lustres qu'il a vécu cloué au même lieu, comme une éponge; un autre, sa voix enrouée à toujours chanter, ou la léthargie qu'il a gagnée dans la solitude, ou sa langue engourdie par un vœu de silence éternel !, » Les idées d’Erasme, ses penchants, ses meeurs, son role littéraire et religieux, sa vie tout entière, de. vaient en faire l'ennemi déclaré des moin N'ayant aucun de leurs vices, et méprisant le peu de vertu oisive que pouvaient avoir les simples parmi cux, son être tout entier se réyoltait con > la vie monacale, et contre les hommes qui, après y avoir été entrainés par une sorte d’embauchage, se faisaient eux-mêmes em baucheurs à leur tour, pour perpétuer l'espèce et sa domination honteuse sur les peuples. Il regardait comme une souillure ineffacable, comme un obstacle à ce qu'il eût vécu meilleur et plus heureux, son entrée forcée dans ce genre de vie; et s'il n'avait pas renié hautement ses vœux, ni jeté tout à fait l'habit mi1 Mupias èpxbpioy, Éloge de la folie