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ÉRASME. 49 lant, et accomplir la loi de la nature qu’en violant la loi de la famille et de la société; mélange d’ignorance intolérante, d'astuce, de cruauté, de libertinage, de superstition, d'oisiveté crasse, de piété stupide, dont le capuchon est plus fort que bien des couronnes, Le moine est ennemi des livres, parce qu’il n'y sait pas lire; ennemi de la science, parce qu'elle tue son jargon scolastique, qui pervertit le sens des peuples. Il est inquiet, furieux, au milieu de cette universelle renaissance des lettres et des arts, et baisse sa lourde paupière devant la lumière de l'antiquité ressuscitée, comme un oiseau de nuit devant le jour. Fort différent de ce moine austère, grave, abîmé en Dieu, que nous représentent nos illusions de moyen âge et notre tolérance d’indifférents, celui que nous peint Erasme, et dont la corruption et la saleté lui donnent des nausées, c’est ce moine violent, haineux, menacé dans ses priviléges d’ignorance et de libertinage , que vient de surprendre et de démasquer au fond de ses cloitres, où la prostitution s’introduit par des poternes, cette formidable presse du seizième siècle qu'Érasme vient de créer; c’est le moine pesant sur le monde du poids de ses mille couvents, et mettant sous son capuchon la lumière apportée par le Christ; personnage bien moindre alors que saint Christophe, saint Benoit, saint François, et autres fondateurs d'ordres religieux ; le moine, enfin, inutile quand il est pieux et honnête, plus destructeur que Ja peste et la guerre quand il est intrigant, actif, habile, et qu'il a conscience de tout ce qu'il peut perdre! en