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6 ERASME. revient d’être la patrie de ce grand homme, qu'on ne peut plusrien lui disputer sur ce sujet? » papiri La dispute, en effet, ne pouvant porter sur le fait de sa naissance, à cause des preuves que donnait Rotterdam de son droit et de son privilége, on disputa, le croirait-on? sur le fait de la conception! La petite ville de Tergou, voisine de Rotterdam, réclamait l’honneur d’être le lieu où s'était consommé ce fait, lequel, remarquait-elle, dominaïit celui de la naissance. Les magistrats et les légistes de Tergou, mus d’ailleurs par une louable ambition, prétendaient qu’Erasme ¢ était plus bourgeois de Tergou que de Rotterdam, parce que, $ selon les lois, le lieu où les enfants naissent par hasard n’est point censé leur patrie. « Si dans le cours d’un voyage, disaient-ils, une femme accouche dans une ville où elle n’a pas l'intention de résider, où elle ne doit rester que le temps de relever de couches, l'enfant né dans cette ville en sera-t-il le citoyen, et non pas plutôt celui de la ville où sont domiciliés ses parents? La mère d’Érasme, grosse par suite d’une liaison illégitime, était allée faire ses couches à Rotterdam, pour cacher sa faute ; mais c'était là un pur accident : c’est à Tergou quelle avait concu et porté dans son sein le glorieux enfant. Donc Érasme devait être citoyen de Tergou.» Des esprits de poids, des noms littéraires, prirent parti dans cette étrange querelle. Érasme, comme on sait, naquit des amours d’un bourgeois de Tergou, qui depuis sc fit moine, et dela fille d'un médecin, femme de mérite, et, sauf sa faute, de mœurs très-pures et d’une vie édifiante, qui pou