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ÉRASME. 5 messes, et que sa statue ne voulait ni adorations ni prières; on décida que la statue ne serait point vendue, mais replacée sur son piédestal, ce qui fut exécuté quelque temps après. On verra plus tard pour quels motifs Bâle désirait posséder cette statue. Le nom d’Érasme, il faut le dire, est bien tombé, tombé même au-dessous de ce qu’il vaut; car Érasme fut un homme très-supérieur, lequel, à ne le regarder que comme écrivain, eut la mauvaise fortune de vivre dans un pays qui n'avait pas encore un idiome indigène arrivé à l’état de langue littéraire. Il a écrit d’admirables choses dans un langage mort : de là la première cause d’un si triste retour de fortune ; la langue d’Erasme étant une langue d’érudition , Érasme n'est plus un grand écrivain que pour les érudits. Mais dé son vivant, et plus d’un siècle après sa mort, Erasme fut un des plus grands noms de l’Europe intellectuelle. Les villes'se disputaient, comme pour Homére, l’honneur de sa naissance. L’illustre Bayle, si grave, si solide, si juste appréciateur des titres littéraires, n’établit-il pas une comparaison très-sérieuse entre la destinée d’Homère, lequel ne fut connu que longtemps après sa mort, et ne put avoir dans toute la Grèce, dont il avait chanté les glorieuses origines, un lieu de naissance authentique, et celle d’Érasme, connu et admiré pendant sa vie, qui eut le privilége de naître, au vu et su de tout le monde, dans une ville «qui a compris de bonne heure ses intérêts, dit Bayle, et a tellement affermi, pendant queles choses étaien t fraiches, les titres de sa possession et la gloire qui lu i 1.