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ÉRASME. 5 placée, un demi-siécle aprés, par Ja statue en bronze, qui est celle dont nous parlons. Faut-il voir dans ces trois statues successives, dont la première est en bois et la derniére en bronze, la gradation des sentiments d'estime et d'admiration de Rotterdam pour son illustre enfant, sentiments d’abord trés-discrets et trèsserrés, ensuite un peu plus vifs, vers 1557, enfin portés au paroxysme en 1622 ? Ou bien, dans les trois cas, la ville n’a-t-elle fait que ce que ses finances lui permettaient de faire ? Les admirateurs d'Érasme ont dit qu'il avait eu cela de commun avec les divinités de l’ancienne Rome, lesquelles eurent des statues d'argile avant d’avoir des temples d'or. A la bonne heure. Lorsque Philippe If, fils de Charles-Quint, fit son entrée solennelle dans la ville de Rotterdam, en qualité de prince souverain des Pays-Pas, le sénat bourgeois, pour le recevoir plus dignement, fit planter, devant la maison où Érasme est né, un mannequin représentant ce grand homme au naturel, dans son costume d’ecclésiastique séculier, tenant une plume de la main droite, et, de la gauche, présentant au prince un rouleau dans lequel on lisait en vers latins : AU ÉNISSIME PRINCE DES ESPAGNES, DON PHILIPPE DE BOURGOGNE, DIDIER ERASME DE ROTTERDAM : Moi, Evasme de Rotterdam, je ne me manquerai pas à moiméme Jusqu'à paraître abandonner mes concitoyens; Inspiré par eux, illustre prince, Je prie Dieu qu'il te fasse entrer sain et sauf dans notre ville; Et de tout le zèle dont je suis capable, je recommande ce peuple,