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L’ENTERREMENT. 21 Phèdre. Celui-ci déclara que ses soins ne manqueraient point à son ami, mais qu’il croyait que la guérison dépendait de Dieu plutôt que des médecins. Corneille accueillit cette parole avec autant d’allégresse que si on lui eût donné l’espérance certaine qu’il vivrait. Quoiqu'il eût toujours été très-charitable envers les pauvres dans la mesure de ses ressources, tout ce qu’il put retrancher de son bien sans nuire à sa femme et à ses enfants, il le distribua aux nécessiteux, non pas à ces mendiants de profession que l’on rencontre partout, mais à de braves gens qui luttaient péniblement par leur travail contre la pauvreté. Je l’engageai à se mettre au lit, et à faire venir un prêtre plutôt que de fatiguer son corps exténué, Il me répondit qu'il avait toujours eu à cœur d’aider ses amis autant qu’il le pouvait plutôt que de leur être à charge, et qu’il ne voulait pas se démentir en mourant. Il ne resta couché que le dernier jour et une partie de la nuit où il quitta la terre. Jusque-là, à cause de sa faiblesse, il s’appuya sur un baton, ou il s’assit sur une chaise ; il se mit rarement au lit, et encore tout habillé et sur son séant. Pendant ce temps il donnait ses ordres pour le soulagement des indigents, surtout de ceux qu’il connaissait et qui demeuraient dans son voisinage, ou bien il lisait dans les livres sacrés les passages qui excitent notre confiance en Dieu et ceux qui témoignent sa charité pour nous. Si la fatigue l’empéchait de lire lui-même, il se faisait faire la lecture par un ami. Souvent il exhortait avec effusion sa famille à vivre dans l’union, la concorde et l’amour de la vraie piété; il consolait tendrement les siens, affligés de sa