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L’ ENTERREMENT. 5 qu’ils avaient traité le malade, ils avaient discuté avec chaleur sur le genre de la maladie. Marcolphe. L’heureux malade! Phèdre. Pour terminer enfin ce débat, ils firent demander au mourant par sa femme la permission d’ouvrir son cadavre. Ils lui représentèrent que c’était une marque d’honneur, et qu’ordinairement on agissait ainsi envers les grands par considération ; ensuite que cela contribuerait è sauver beaucoup de gens, ce qui mettrait le comble à ses mérites ; enfin ils lui promirent d’aclieter à leurs frais trente messes pour le repos de son âme. Le mourant refusa d’abord, mais il finit par céder aux caresses de sa femme et de ses proches. Ceci fait, la cohorte des médecins se retira : car ils prétendent que ceux qui ont pour mission de guérir ne doivent pas être témoins de la mort, ni assister aux funérailles. On fit venir aussitôt le révérend père Bernardin, gardien des cordeliers, comme vous le savez, pour confesser le mourant. La confession était à peine terminée que déjà la maison était pleine d’une foule de gens des quatre ordres qu’on nomme vulgairement mendiants. Marcolphe. Tant de vautours vers un seul cadavre ! Phèdre. On manda ensuite le curé pour donner au mourant l’extrême-onction et la communion. Marcolphe. C'était agir pieusement. Phèdre. Mais peu s’en fallut qu’une bataille sanglante ne s’engageât entre le curé et les moines. Marcolphe. Devant le lit du malade? Phèdre. Et même en présence du Christ. Marcolphe. Quelle fut la cause de cet orage subit ?