OCR
4 L’ENTERREMENT. de me faire ce récit; je l’écouterai avec le plus grand plaisir. Phèdre. Écoutez donc d’abord la fin de Georges. Quand la mort eut donné des signes certains de son approche, les médecins réunis qui avaient soigné longtemps le malade, sans dire qu’ils avaient perdu tout espoir, commencèrent par demander leurs honoraires. Marcolphe. Combien y avait-il de médecins ? Phèdre. Tantôt dix, tantôt douze, pour le moins six. Marcolphe. C’était assez pour tuer un homme bien portant. Phèdre. L’argent compté , ils avertirent secrètement les proches que la mort n’était pas loin, qu’ils devaient s’occuper du salut de l’âme, car il n’y avait plus à espérer de sauver le corps. Des amis intimes engagèrent doucement le malade à confier à Dieu le soin de sa santé, et à ne songer qu’aux moyens d’opérer son salut. À ces mots, Georges lança sur ses médecins des regards farouches, comme pour leur reprocher de l’abandonner. Ils lui répondirent qu'ils étaient des médecins et non des dieux; qu'ils avaient prodigué tous les secours de leur art, mais qu’il n’y avait point de remède contre une fatale nécessité. Ils passèrent ensuite dans la chambre voisine. Marcolphe. Comment! ils restèrent encore après avoir recu leurs honoraires ? Phèdre. Ils n’étaient pas d’accord sur la nature de la maladie. L’un disait que c’était une hydropisie, l’autre une tympanite, celui-ci un abcès dans les intestins, les autres d’autres maladies; et pendant tout le temps