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12 PREFACE. ordre, à moins que ce ne soit accuser tout le christianisme que de faire quelques observations, à titre d’avertissement, conire les mœurs corrompues des chrétiens. Ceux qui sont si sensibles à l'honneur de l’ordre auraient dû commencer par contenir ceux dont la conduite déshonore publiquement leur ordre. Mais du moment qu’ils les reconnaissent pour leurs frères, qu’ils les entourent de leur affection et de leur appui, de quel front osent-ils se plaindre que l’on blesse la dignité de l’ordre par de sages avertissements? D'ailleurs, pourquoi ménager telle ou telle congregation humaine jusqu’à lui sacrifier l'intérêt général des chrétiens ? Dans la Différence des mots et des choses, je blâme les jugements à rebours de certaines gens. Dans le Repas disparate, j’indique ce qu’exige la civilité. Dans Caron, je maudis la guerre entre les chrétiens. Dans le Synode des grammairiens, je me moque du savoir d’un certain chartreux, très-docte selon lui, qui, après s’être emporté follement contre la littérature grecque, vient de donner à son livre un titre grec, mais d’une façon ridicule, en appelant Anticomaritæ ceux qu’il aurait dû nommer Antimariani ou Antidicomariani. Dans le Cyclope, je blâme ceux qui ont toujours l’Évangile à la bouche, et dont la vie n’a rien d’évangélique. Dans l’Union mal assortie, je mets sous les yeux du public la folie de ceux qui, dans les fiançailles, calculent l’importance de la dot, sans s'inquiéter si le futur n’est pas atteint d’un mal pire que la lèpre. Cette manière d’agir est aujourd’hui si commune que personne ne s’en étonne, quoiqu'il n’y ait rien de plus cruel pour les enfants. Dans la Fausse Noblesse, je dépeins une espèce d’hommes qui sous ombre de noblesse s’imaginent que tout leur est permis. Cette peste infecte surtout l'Allemagne. Dans le Petit Sénat, je voulais relever certains défauts des femmes, avec modération toutefois et sans imiter le ton de Juvénal; mais à peine avais-je commencé qu’un certain chevalier